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     Enti enti - Cheb Hasni assassiné  à 26 ans de deux balles dans la tête devant chez lui à Oran en 1994


    Le mot raï signifie en arabe "opinion" voire "conseil" ou "libre choix"


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  • Humble yourself my brothers


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    " Hey yo enough’s enough ! "  

    Petite entorse aux principes de ces pages : une critique négative…
    La raison en est qu’il faille à mon sens réagir fermement à un phénomène qui abêtit notre monde avec force et vitesse, et qui s'avère être au bout du compte fort violent. Il représente aussi l'exact contraire de ce que à quoi je me suis essayé dans ces pages...
    Je veux parler de ces théories du complot qui pullulent aujourd’hui sur internet mais aussi, plus largement, d’une bonne partie de ces contre-histoires, révélations, enquêtes d’experts, mises à nu... En somme, de cet ensemble de procédés qui sous prétexte de corriger l'histoire, flirtent tous, d’une manière ou d’une autre, mais de manière fondamentale, avec le révisionnisme ou le négationnisme. Ces phénomènes me préoccupent aussi dans la mesure où ils obéissent à une attitude spécifique de notre époque : celle du déni de tout processus de connaissance et de la nécessaire reconnaissance symbolique et intellectuelle que celui-ci implique.
    Je sais que nous vivons une époque de transparence où la moindre ombre, le moindre secret éveille immédiatement les soupçons…
    Certes, des complots et des mystères existent. Oui, mais voilà…

    Il est normal qu'une civilisation, lors des moments charnières de son évolution, peine à remodeler de nouvelles valeurs et n’intègre qu'avec difficultés des événements qui lui semblaient hier encore insensés et ce pour que s'établisse petit à petit quelque chose comme son nouvel ordre. Avec l'évolution chaotique, les impasses politiques et religieuses entre autres liées à la mondialisation, des incertitudes et certaines opacités s’accroissent. Ainsi augmente un  besoin de sens, là où avant son absence était vécue avec indifférence. C'est sans doute la raison pour laquelle, dans notre époque qui peine à créer de nouvelles politiques (quel parti prendre, quelles valeurs défendre?), de plus en plus de personnes trouvent un certain sens pour notre monde dans les théories du complot. Car c’est bien là leur fonction principale : croire au complot, c’est se mettre en mesure de donner du sens à ce qui rechigne à en accepter facilement, à ce qui en paraît même dépourvu et qui par là, inquiète. Les croyances au complot donnent l’illusion de pouvoir expliquer certains événements paraissant trop complexes voire incompréhensibles et ainsi, rendent possible un positionnement politique clair - voilà qu’on se trouve une famille politique... Mais sous cet apparent retour à une politisation des événements, ces théories ont, de fait, une fonction profondément dépolitisante - car elles simplifient le réel : elles suspectent la complexité d’une situation d'être elle-même le fruit d’un brouillage volontaire, d’un complot. Ses adeptes en profitent alors pour annoncer le retrait de leur responsabilité en se présentant comme victimes : persuadés d'être manipulés, ils estiment logiquement ne plus devoir être reconnus comme responsables et ils rejettent la responsabilité sur les comploteurs avec un espoir naïf de pouvoir redéfinir d'autres règles. En réalité, ils sortent du jeu.

    Bricolages et mauvais spectacles

    Parce que notre époque est toujours celle d'un certain positivisme triomphant, les théories du complot recourent de manière très large aux "sciences" afin de convertir ceux qui douteraient encore. Avec le style littéraire de la misère et le mauvais goût, on vous soumet des données statistiques, des prélèvements divers et certaines « évidences » de lois physiques, biologiques, etc. Il convient au passage de remarquer que malgré la nature souvent complexe de ces références, ces théories sont toujours faciles à assimiler… et se moquent éperdument des règles historiographiques. La frime...
    Il faut pourtant plus que de simples informations pour proposer une critique sensée et digne de ce nom : celles-ci doivent surtout être agencées et articulées selon une méthode. L’individuation démocratique moderne, avec la proclamation du libre-arbitre, a produit un individu ignorant l’incomplétude de sa propre nature qui, s’il se sent autonome pour correctement s’informer, s’estime tout aussi souverain à construire sa propre opinion…
    Pourtant le savoir n'est pas constitué en une suite d’informations juxtaposées les unes aux autres - l’information dit ce qui est et par là ce qui doit être…
    Aujourd’hui plus que jamais, nous avons accès à presque toutes les informations sur les faits, ce qui provoque un déséquilibre inédit entre d’une part, l’accès à l’information qui est instantané et total, et d’autre part, la trop rare aptitude à les agencer de manière "méthodologique" afin de produire du sens, une vérité. A bien y regarder, on remarquera que les théories du complot concernent systématiquement et uniquement des sujets prisés, et souvent formés par les médias de masse. En dépit de leur prétention à incarner un renouveau, en tant que soi-disant avant-gardes intellectuelles ou politiques originales et innovantes, la plupart de leurs idées ont environ cent cinquante ans et c'est uniquement grâce à la nouvelle possibilité de médiation qu'est pour elles le réseau internet qu'elles ressurgissent aujourd'hui à peine dépoussiérées. Parce qu'elles sont une réaction de médias pour les médias et par les médias, elles n’expriment en ce sens qu’un comportement réactionnaire - s’émanciper de cette sphère médiatique leur est impossible ; et dans ce monde clos, tout en ayant des effets funestes sur le réel, c’est comme folles et apeurées qu’elles se tiennent un discours à elles-mêmes.
    Certains pressentent alors l'avantage qu'il y aurait à se démarquer de ce type de discours et tentent d'en sortir en invoquant grossièrement la tradition philosophique : ils évitent le terme de complotistes et se présentent comme sceptiques... Cette perversion du terme n’aide pas car il s'agit là plutôt d'un hyper-criticisme (prouvez votre preuve!) qui ignore les limites de la raison sur l’expérience. Puisqu’il existe un au-delà à la raison : le délire.
    Les théories du complot expriment aussi symboliquement les peurs et les aspirations de ceux qui peinent à saisir la multiplicité et la pluralité formelle des faits, des concepts et des histoires. Et ce le plus souvent car ils sont occupés, presque au sens du territoire, à autre chose. Ils peuvent être de ces travailleurs qui, fatigués à la fin de la journée, se divertissent avec ce spectacle qu’on leur propose... Et parce que ces histoires font partie de leurs divertissements, ils rechignent à y appliquer un travail critique. Le succès populaire du complotisme procède d'une fascination, même cynique chez certains, pour ce qui se présente à eux comme une insurrection des consciences.

    Confondre son désordre psychique avec celui du monde, hystérie et psychose paranoïaque

    Je pense que certains, au lieu de constater leur propre impuissance pour expliquer un événement dont les véritables causes leur échappent, préfèrent conclure à l’impuissance de ceux qui sont censés lui faire voir plus clair dans tout cela : les intellectuels. C'est ainsi que les théoriciens du complot ont une grande part de responsabilité dans le regain, barbare et fasciste, de l’anti-intellectualisme de ces jours. Les théories du complot donnent le sentiment à celui qui y souscrit d’être plus lucide que les autres tout en lui faisant perdre de vue l'inclinaison narcissique et arrogante qu'il y a à se prendre aussi facilement pour un penseur « différent », il lui est ainsi plus confortable d’imaginer qu’il est devenu quelqu’un capable de sentir ce que d’autres échouent à même entrevoir (ces même "intellos").
    La structure de ces théories accueille sa propre structure psychique, ce qui apporte une preuve rassurante de sa propre vérité et lui permet d’être reconnu par lui-même et par les autres. Il se sent soulagé par ce miroir qui ne reflète plus l'homme confus et désenchanté politiquement qu’il fut. Le complot rassure donc de la même manière que la phobie rassure contre l’angoisse, et c'est de la sorte que son existence s'avère constituer, au final, une bonne nouvelle pour l'économie psychique puisqu'il fait « sens » ; maintenant que le complot a été révélé, il ne reste plus qu’à le dénoncer et à le combattre publiquement, créant par la même occasion du lien social...
    Il faudra donc bien convenir que les théories du complot et leur ésotérisme sont structurés comme une idéologie et ses adeptes en sont leurs idéologues.
    Ce sont des analyses artificielles et simplistes qui jouent l'intérêt politique avec démagogie et poujadisme ; finalement elles desservent profondément les sociétés dans lesquelles elles apparaissent. Je crois que nous avons tout à gagner à nous en passer, cela permettrait de commencer, humblement mais fermement, à apprendre à bien parler du pouvoir. Et ce, par exemple, en clarifiant sans simplifier.

     

    Grégoire
    (réédition du 13 décembre 2013)


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    Embouteillage culturel? La chanson a cinquante ans...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Musique du début de Bringing Out The Dead, M. Scorsese, 1999.

     


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    iprovide gentillement #vachtam #vachtamer

     


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    Me voici devant tous un homme plein de sens
    Connaissant la vie et de la mort ce qu'un vivant peut connaître
    Ayant éprouvé les douleurs et les joies de l'amour
    Ayant su quelquefois imposer ses idées
    Connaissant plusieurs langages
    Ayant pas mal voyagé
    Ayant vu la guerre dans l'Artillerie et l'Infanterie
    Blessé à la tête trépané sous le chloroforme
    Ayant perdu ses meilleurs amis dans l'effroyable lutte
    Je sais d'ancien et de nouveau autant qu'un homme seul
    pourrait des deux savoir
    Et sans m'inquiéter aujourd'hui de cette guerre
    Entre nous et pour nous mes amis
    Je juge cette longue querelle de la tradition et de l'invention
    De l'Ordre de l'Aventure
    Vous dont la bouche est faite à l'image de celle de Dieu
    Bouche qui est l'ordre même
    Soyez indulgents quand vous nous comparez
    A ceux qui furent la perfection de l'ordre
    Nous qui quêtons partout l'aventure
    Nous ne sommes pas vos ennemis
    Nous voulons nous donner de vastes et d'étranges domaines
    Où le mystère en fleurs s'offre à qui veut le cueillir
    Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
    Mille phantasmes impondérables
    Auxquels il faut donner de la réalité

    Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
    Il y a aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir
    Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
    De l'illimité et de l'avenir
    Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés
    Voici que vient l'été la saison violente
    Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps
    O Soleil c'est le temps de la raison ardente
    Et j'attends
    Pour la suivre toujours la forme noble et douce
    Qu'elle prend afin que je l'aime seulement
    Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant
    Elle a l'aspect charmant
    D'une adorable rousse
    Ses cheveux sont d'or on dirait
    Un bel éclair qui durerait
    Ou ces flammes qui se pavanent
    Dans les roses-thé qui se fanent
    Mais riez de moi
    Hommes de partout surtout gens d'ici
    Car il y a tant de choses que je n'ose vous dire
    Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire
    Ayez pitié de moi

    "La jolie rousse" Guillaume Apollinaire, 1917


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    háoyóu, speculoos, gingembre, clou de girofle, moutarde, wasabi


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  • Mon arrière grand-père  (le père du père de mon père). Je ne l'ai pas connu.
    Il était fermier à Malonne, dans la province de Namur où j'allais quand j'étais enfant. Il y avait des vaches, des poules, des moutons, un cheval et des pruniers.
    Il a aussi été responsable communal.
    Pendant la première guerre mondiale, il partit en exil en France.

    Ici, on est un dimanche, sur la route de Bois de Villers, le 10 mai 1942...
     
    Sur les collines de Malonne en 1942











































     


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    L'heure de t'acheter une montre.


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    " Si seulement Dieu pouvait me faire un signe !

       Comme faire un dépôt à mon nom dans une banque suisse..."

    Woody Allen


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    " Voici que vient l'été la saison violente "
     

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  • « Je montre d’abord que l’état des hommes sans société civile (quel état peut être nommé l’état naturel) est rien sauf une guerre de tous contre tous ; et que, dans cet état, tous ont le droit de toutes choses. »

    Thomas Hobbes, Leviathan (1651)

     


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